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Emotions et faim sont-ils liés ?

Nos émotions ont une influence considérable sur les signaux de faim et de satiété, envoyés par notre cerveau. Chaque personne ressent et vit les choses de façon totalement différente et individuelle, selon son enfance, son vécu et son histoire.

 

Les odeurs et les saveurs évoquent des sentiments différents pour chacun d’entre nous

Dans son laboratoire, le chercheur Olivier Robin étudie les émotions liées aux odeurs et aux saveurs. Il explique :

« La réponse émotionnelle exprimée consciemment par le sujet est très différente de la réponse émotionnelle physiologique inconsciente»

Le corps réagit de façon innée inconsciente aux stimulus olfacto-gustatifs directement projetés sur les structures cérébrales impliquées dans les émotions.

Ainsi lorsqu’on fait tester à un individu des odeurs et des saveurs, et que l’on enregistre ses réactions physiologiques, tels que la fréquence cardiaque, le débit sanguin, la moiteur des mains … il est alors possible de les associer aux émotions de base, caractéristiques de pratiquement tous les mammifères, qui sont : la joie, la surprise, la tristesse, la peur, la colère et le dégoût.

Ces observations ont permis de montrer que la saveur amère et l’odeur fétide de beurre rance déclenchent des émotions négatives, comme la colère et le dégoût, alors que la vanille, la lavande provoquent la joie ou la surprise. D’ailleurs, cette préférence pour les saveurs sucrées et cette répulsion pour les saveurs amères sont communes à presque tout l’ensemble des mammifères.

« Le choix d’un parfum ou les préférences alimentaires seraient largement déterminés par les émotions inconscientes ressenties lors de la perception de l’odeur ou des saveurs. »

 

Les émotions contraires

Un même aliment peut déclencher des émotions contraires en fonction du moment auquel nous y sommes confrontés. Il s’agit du phénomène d’alliesthésie, en voici un exemple :

J’ai faim, une odeur de chocolat fondu me fait saliver et me donne envie, mais une fois que je suis gavée, j’éprouve de l’aversion pour l’aliment et l’odeur me devient insupportable, je suis saturée. Ce qui était agréable devient désagréable. Les émotions se caractérisent par leur intensité et leur temporalité courte.

Manger est un acte lié à l’émotion animale qui revêt en plus une dimension affective.
Entre la nourriture et nous, c’est une très vieille et très longue histoire qui s’est écrite.
Le philosophe Michel Onfray l’exprime ainsi :

« Du sein de la mère au dernier repas pris par nos lecteurs en passant par les tables de l’enfance, s’écrit une histoire personnelle de la subjectivité. Dès qu’on passe à table, le cerveau Proustien de l’enfant fait la loi, qu’on le sache ou non… »

Le goût d’un aliment n’est pas seulement son goût sensoriel, il s’y attache les expériences du vécu. C’est la partie acquise, l’apprentissage. Nous enregistrons les stimulations externes (ou exogènes) qui nous viennent de notre environnement, de nos congénères.

Maintenant que vous êtes informé(e), vous n’aurez plus qu’excuse pour ne pas préparer de bon petits plats variés et plein de saveur à vos enfants adorés ! C’est le plus beau des cadeaux que vous puissiez leur faire.

* Perte moyenne constatée de 3,3 kg/mois pour un IMC de 25,3. Attention, ces résultats peuvent varier d'une personne à une autre.